La danse et le cinéma à l'ONF

La danse et le cinéma à l'ONF

Le cinéma et la danse sont deux arts du mouvement; il est naturel qu’ils se rejoignent dans des projets misant à la fois sur les particularités de l’un et de l’autre. Ainsi, Norman McLaren, le pionnier du cinéma d’animation au Canada, a réalisé plusieurs films en collaboration avec des danseurs, le plus célèbre étant Pas de deux (1968). Dans ce film, il repousse les limites du cinéma d’animation, en mettant en relation les diverses phases des mouvements des danseurs, grâce à un tour de force technique masqué par l’élégance et la finesse du résultat. Ballet Adagio (1972) est une œuvre plus modeste dans laquelle le cinéaste filme un ballet au ralenti, permettant aux spectateurs d’observer la technique et la mécanique du mouvement. Enfin, Narcissus (1983) offre une interprétation dansée du mythe de Narcisse.

Dans la foulée de McLaren, plusieurs autres cinéastes d’animation ont collaboré avec des danseurs. C’est le cas notamment de Pierre Hébert dans La lettre d’amour (1988), film résultant d’une performance multidisciplinaire avec la danseuse Louise Bédard, l’écrivaine Sylvie Massicotte, le musicien Robert M. Lepage et le cinéaste lui-même.

La danse a aussi été le sujet de nombreux documentaires à l’ONF, dont Margaret Mercier, ballerine (George Kaczender, 1963), Sur les scènes de l’Orient (John N. Smith, 1986), sur la tournée asiatique des Grands Ballets canadiens, Moment of Light (Gordon Reeve, 1992), sur la grande Evelyn Hart, Le jeune homme et la danse (Douglas Jackson, 1993), sur l’étonnante trajectoire du danseur Stéphane Léonard, Le petit Jean-Pierre, le grand Perreault (Paule Baillargeon, 2004), sur le chorégraphe Jean-Pierre Perreault et Flamenco à 5 h 15 (Cynthia Scott, 1983), film couronné d’un Oscar ® dans lequel des danseurs canadiens reçoivent des leçons de flamenco offertes par deux enseignants espagnols.

Dès 1963, Roger Blais filmait le Royal Winnipeg Ballet dans Ombre sur la prairie, une œuvre centrée sur la colonisation de l’Ouest canadien. Le travail de Philippe Baylaucq avec José Navas, amorcé avec Lodela en 1996 et poursuivi avec ORA en 2011, est d’un autre ordre, plus proche du Pas de deux de McLaren, puisqu’il s’agit ici d’œuvres dans lesquelles la danse est transcendée par les possibilités techniques du cinéma.

  • Pas de deux
    1968|13 min

    Film expérimental qui met en scène Margaret Mercier et Vincent Warren, deux étoiles des Grands Ballets canadiens. Les danseurs vêtus de blanc évoluent dans un décor peint en noir, et l'ensemble, harmonieux, traduit toute la créativité de McLaren.

  • Flamenco à 5 h 15
    1983|29 min

    Ce film nous fait assister à une leçon de flamenco donnée par Susana et Antonio Robledo, professeurs venus d'Espagne. Entrecoupé d'anecdotes sur les origines du flamenco et sur la vie et la carrière de Susana et Antonio Robledo, Flamenco à 5 h 15, gagnant d'un Oscar® en 1984, nous permet non seulement d'apprécier la maîtrise des danseurs de l'École nationale de ballet, mais nous offre surtout l'occasion de voir à l'oeuvre le couple Robledo, pour qui le flamenco est devenu un art de vivre.

  • Lock
    2010|5 min

    Pour le chorégraphe Édouard Lock, le mouvement traduit nos intérêts et nos désirs. Ce court métrage documentaire nous montre le célèbre fondateur de La La La Human Steps travaillant avec des danseurs dans son espace studio. Au moyen d’angles de caméra étonnants et d’images tournées au ralenti, la cinéaste saisit ce style hautement énergique et percutant qui caractérise l’artiste Édouard Lock.

  • Source
    2011|6 min

    Court métrage documentaire sur Margie Gillis. Véritable incarnation de la danse moderne, la danseuse et chorégraphe s’avance dans la lumière, lève les bras et fait tournoyer son extraordinaire crinière autour d’elle. Celle dont la remarquable carrière s’étend sur 4 décennies est un modèle de compassion et de créativité qui excelle à inventer la beauté dans un monde où il en manque toujours. Des caméras ultra-rapides captent la joie subtile et sauvage de l’Isadora Duncan canadienne.

    Produit par l’Office national du film du Canada, en collaboration avec le Centre National des Arts et la Fondation des Prix du Gouverneur Général pour les arts et spectacles, à l'occasion de la remise des Prix du Gouverneur Général pour les Arts du spectacle 2011.

  • Lodela
    1996|26 min

    Inspirée des mythes de l'après-vie, cette allégorie dansée évoque le voyage de l'âme en dévoilant les mouvements du corps sous des angles nouveaux et étonnants. Une évocation des origines du monde, un hymne à la beauté du corps, une célébration du mouvement, une métaphore de la vie et de la mort. Film sans paroles.

  • Habiter la danse
    2009|25 min

    Empruntant la fluidité d'une chorégraphie, ce court métrage documentaire nous présente Sylvie Mazerolle, une jeune femme pour qui danser est un besoin essentiel. La sensibilité du personnage crève l'écran. À travers sa démarche, le film dresse aussi un état des lieux de la danse en Acadie. Actuellement établie à Vancouver, la jeune danseuse éprouve la nostalgie de son Acadie natale et cherche un projet qui l'en rapprocherait. Mais où qu'elle soit, elle continue de vivre sa passion, car son pays est la danse.

    Ce film a été produit dans le cadre du concours Tremplin, en collaboration avec Radio-Canada.

  • Ballet Adagio
    1972|10 min

    Éblouissante démonstration de la technique de l'adagio du pas de deux. Ce court métrage expérimental tourné au ralenti souligne la maîtrise des danseurs, la précision de leurs gestes, l'équilibre de chaque pirouette, arabesque ou jeté. Document de travail unique pour les élèves des cours de danse classique, ce film révélera aux autres spectateurs une dimension inconnue du ballet. L'Adagio d'Albinoni forme la trame sonore sur laquelle évoluent David et Anna Marie Holmes, danseurs canadiens de réputation internationale.

  • Ni scène ni coulisses
    1978|9 min

    Court métrage expérimental mélangeant des techniques d’animation et de prise de vue réelle. Un film où chaque image n'est jamais le résultat d'un seul cliché, mais de plusieurs. Des trucages optiques font de cette réalisation exclusivement esthétique, une intéressante expérience audiovisuelle; car la musique électronique originale contribue largement, elle aussi, à donner à la danse une toute nouvelle dimension qui ne saurait se retrouver ni sur scène ni en coulisses. D'après une chorégraphie de Martine Époque. Film sans paroles.

  • Narcisse
    1983|21 min

    Ce court métrage d’animation est le 59e film du cinéaste Norman McLaren. Narcisse, tiré de la mythologie grecque, aborde un thème universel : l'étape perpétuellement ratée de l'ouverture à l'autre, jusqu'au repliement voluptueux sur soi-même, où l'humain se retrouve piégé. Résumé du génie technique de ce cinéaste parmi les plus prestigieux du monde, fruit de procédés d'impression optique, c'est aussi une œuvre de pure esthétique, où des corps en fleur se frôlent dans l’éternelle quête de l'amour.

  • ORA
    2011|15 min

    L’univers du chorégraphe José Navas rencontre celui du cinéaste Philippe Baylaucq pour créer une aventure spectaculaire, dans la grande tradition d’innovation de l’Office national du film du Canada. Utilisant pour la première fois la thermographie 3D, ORA. met en scène six danseurs aux corps incandescents, partis à la découverte d’un monde qu’ils marquent de leur propre chaleur. ORA. donne à voir des images qui ne ressemblent à aucune autre. Philippe Baylaucq et propose une allégorie dansée, qui entraîne le spectateur au cœur de l’espace mouvant dans lequel évoluent les danseurs.

    Attention: Bien que le film ait été tourné en 3D, il est seulement disponible en 2D sur le site de l’ONF, en visionnage continu et en téléchargement.